Blancs … sous le masque

Blancs … sous le masque

Création 2004

Conception Claire Heggen et Yves Marc
Mise en scène Claire Heggen

// Grande et petites histoires du mime

Blancs… sous le masque est la deuxième partie du diptyque sur l’histoire du mime après Faut-il croire les mimes sur parole ?

Une dramaturgie conçue comme un dialogue permanent entre des narrateurs-bouffons et les figures historiques du Mime évoquées…
« les Blancs ».

Les bouffons narrateurs
5 personnages bouffons venus d’on ne sait où déferlent sur scène. Le corps déformé par des protubérances, leurs identités (d’ordre social, historique, géographique, sexuel) sont multiples et incertaines. Ils ont cependant un air de famille. Contrairement aux mimes, ils ne sont pas silencieux, ils s’expriment en grommelots, français, anglais, espagnol, japonais, italien… Ils sont provocateurs, dénonciateurs. Ils se moquent de tout, et surtout du Mime tout en le révélant selon la fonction bouffonne. Issus des Etrusques, des bouffons médiévaux, des bouffons romantiques, de la conception contemporaine des bouffons de Jacques Lecoq ou de la tradition carnavalesque, ils sont une émanation populaire, anarchique, drôle, politique et cruelle. Ils sont pour les auteurs l’antidote contre l’académisme et le didactique, proférant tout à la fois la chose et son contraire. Ils sont pour les spectateurs une respiration, un sourire parfois grimaçant et terrible mais toujours une invitation à la réflexion sur le Théâtre, le Mime, la Scène et parfois plus généralement sur la mémoire, le savoir ou la vérité. Ils sont la couleur quand le blanc du mime se fait trop blanc…

Les Blancs… et le silence
Ils sont l’Histoire et aussi les histoires du Mime avant que l’image ne fixe cette forme d’Art. Nous les avons nommés les « Blancs » comme leur identité récurrente, la peau, les masques, le maquillage, les costumes, les souquenilles, les voiles… Blancs pour mieux apparaître et disparaître, le blanc de la page blanche. L’oeuvre au blanc alchimique du mime.
Les blancs ont choisi le silence…
De l’accidentel (perte de la voix) à l’interdit de la parole (par la politique, le religieux, l’économique, l’esthétique…); du mutisme à l’autisme, du non-dit à l’innommable, le Mime traite de l’interdit de la parole, mémoire trouée des mots ; il témoigne, entre les lignes, de l’histoire individuelle et collective, non écrite.
Un silence, constitutif, choisi, délibéré…
Le silence émerge dans les blancs du texte ; il est musique, soupir, pause, suspens, durée, valeur, (noire, blanche, croche), il articule et fait dialoguer corps et mots, réconcilie sensorialité et intellectualité. Le silence n’est pas absence, il est matière, terreau dans lequel s’origine la pensée, le mouvement de la pensée, le mouvement souffleur de mot.

Les figures historiques interprétées en direct par les acteurs ou les images projetées
Avant le Film, récits, dessins, tableaux ou photographies pouvaient donner des indications sur les personnages, costumes, postures des acteurs mais peu sur l’Art du Geste, sa dynamique, son mouvement. Nous avons donc interprété, extrapolé, reconstruit, de la préhistoire à la fin du XIXe siècle.
Avec l’arrivée du Cinéma, le geste sort du trou de mémoire, les informations affluent jusqu’à la profusion. Le XXe siècle est le siècle de l’explosion des images, du geste, où le Mime a une multitude d’identités : les célébrités du cinéma muet (Méliès, Keaton, Chaplin…), les travaux de Decroux, Barrault, Marceau, Lecoq et de tant d’autres. Les séquences présentées dans l’ordre chronologique vont donc évoquer les grandes figures fondatrices de l’Art du Geste : mime antique, commedia dell’arte, pantomime, mime corporel… mais aussi certaines formes artistiques de Théâtre ou de Danse qui ont nourri l’imaginaire du Mime : le Théâtre traditionnel oriental, la Danse expressionniste allemande et le Théâtre soviétique du début du XXe siècle.
Les images projetées trouvent en fonction de leur nature des supports différents (fixes ou en mouvement) : grands ou petits écrans faits de voiles ou de tissus, parties de corps (nues ou revêtues). Elles scandent les grands moments de cette histoire du Mime : gravures (commedia dell’arte), photographies (pantomime), films célèbres (Les Perses de Jean Prat, Les enfants du Paradis de Marcel Carné, ceux de Méliès ou les premiers films de Chaplin). Elles signalent aussi l’influence déterminante des deux guerres du XXe siècle dans l’histoire des corps et des Arts Corporels.

Crédit photo : Philippe Lacombe et Fouilleul


Avec Ivan Bacciocchi, Estelle Bordaçarre, Silvia Cimino, Dany Kanashiro et Yves Marc

Conseils artistiques
Ivan Bacciocchi pour le répertoire d’Etienne Decroux
Shiro Daïmon pour le kabuki
Alain Gautré pour le bouffon et le clown
Jean-Pierre Lescot pour les ombres
Patrick Pezin pour la commedia dell’arte

Lumières Philippe Lacombe
Costumes Catherine Oliveira
Réalisation vidéo Nils de Coster
Bande son François Leymarie
Régie générale Delphine Sénard
Régie vidéo Virginie Watrinet
Fabrication Arnaud Louski-Pane
Masques Den et Cécile Boivert

Le DVD du spectacle est disponible à la vente – Plus d’infos